L’église Sainte-Madeleine de Troyes

Cette église est la plus ancienne de Troyes. Sa construction remonterait à 1120. Vers 1200, elle est reconstruite dans le style gothique, alors au début de son essor. Puis, au début du XVIe siècle, l’abside et le chœur sont rénovés dans le style gothique flamboyant de la période.

Les voutes du choeur et de l’abside

On peut observer dans cette partie, une profusion de chapiteaux aux styles différents.

Mais ce qui est surtout remarquable dans cette église, ce sont le magnifique jubé en pierre et les vitraux. La paroisse était la plus riche de la ville et en 1503, le clergé de l’église décide de remplacer le jubé en bois par un jubé en pierre.

Un jubé est une clôture qui permet de séparer le clergé, dans le choeur, des fidèles dans la nef. Il en subsiste peu en France, ce qui renforce l’exceptionnalité de celui-ci.

C’est d’ailleurs pour le voir à nouveau que j’ai voulu aller à Troyes. En effet, quand j’étais étudiante, avec mon professeur d’architecture gothique Mr Thiébaut, nous y avions fait une visite mémorable.

L’architecte Jean Gaide a été choisi pour cette construction et il se surpassât dans la création de ce jubé, qui se révèle être une véritable dentelle de pierre ainsi qu’une prouesse architecturale, car il repose uniquement sur le départ de l’arc. Il est un savant mélange de gothique flamboyant et de style renaissance.

Il faut faire un effort d’imagination pour le visualiser coloré, tel qu’à l’époque. Jean Gaide est enterré sous son œuvre.

Les vitraux quant à eux sont magnifiques et très bien conservés. Ceux des bas-côtés sont à portée de vue et l’on peut apprécier en tous les détails.

Tous les vitraux sont dotées de petits panneaux qui commentent chaque programme iconographique, ce qui est vraiment pratique pour le visiteur et pas si fréquent dans les églises (d’ailleurs à Saint-Pantaléon, il n’y en a pas). Ils sont datés principalement du XVIe siècle et représentent le style de l’Ecole troyenne du début de la Renaissance, « caractérisé par un dessin appuyé, des coloris éclatants et un grand raffinement technique » (site tourisme Troyes). On y voit des scènes tirées de la bible mais aussi de la vie des saints, comme celle de Saint-Louis, dont l’épisode de la soumission de Thibaut IV de Champagne.

Dans la vignette du milieu en bas, on voit Thibaut IV à genoux devant Saint-Louis. Thibaut IV était un personnage haut en couleur, comte, soldat et chansonnier de l’amour courtois

Enfin, le vitrail de la vie de Saint-Eloi, commandé par la confrérie des orfèvres, dont il est le patron, donne à voir le quotidien d’un atelier d’orfèvres.

J’ai particulièrement apprécié le vitrail de l’Arbre de Jessé,

ainsi que celui consacré à la Genèse

La création du monde dans les vitraux du bas

Bref, ils méritent qu’on s’y attarde et qu’on essaie de deviner les histoires qu’ils racontent.

De nombreuses sculptures parsèment également l’édifice, témoignages du « Beau XVIe siècle » troyen. Mais j’avoue que je ne me suis pas attardée, étant plutôt fascinée par le jubé et les vitraux.

A l’entrée de l’église vous trouverez un petit fascicule qui vous décrira les grandes lignes de l’église.

Elle fait l’objet d’une restauration de ses extérieurs et une partie du déambulatoire n’est plus accessible car le sol s’effondre.

Voici la page consacrée à cette église sur le site de la ville.