L’exposition Musiques! au Louvre Lens : à voir absolument!!

Hier, j’ai visité l’exposition Musiques! Echos de l’Antiquité au Louvre Lens avec mon petit gars de 3 ans et demi.

A défaut de pouvoir aller au Louvre Abu Dabi (joke), nous pouvons découvrir avec beaucoup de bonheur le Louvre du bassin minier. C’est  moins exotique certes, mais c’est chez nous, à portée de voiture et on se cultive tout autant! Lire la suite

Le Latenium, un musée à découvrir! La Tène un site mythique

Si il y a bien un musée que j’affectionne tout particulièrement, c’est bien celui du Latenium à Neuchâtel en Suisse. Tout d’abord, parce qu’il porte le nom de La Tène, un village situé non loin de là, à l’extrémité du lac et dans lequel,  la découverte d’un site d’habitat gaulois a eu un impact profond sur l’archéologie et l’histoire européennes puisque c’est grâce aux objets qu’on y a retrouvé que l’on a caractérisé une nouvelle période chronologique : le 2e âge du Fer, appelé La Tène. Ensuite parce qu’il est situé dans la ville où habite une de mes amies très chère et cela lui donne une dimension affective. Ce musée, moderne, qui fait partiellement peau neuve, est conçu comme un voyage linéaire à travers le temps, mais à reculons. On commence par l’histoire du canton à l’époque médiévale puis d’étages en étages, on remonte jusqu’à la préhistoire la plus ancienne. Lire la suite

Des squelettes et un petit garçon : leçon d’anatomie grandeur nature

Vendredi dernier, je suis allée rendre visite à un collègue archéologue pour le boulot. Comme c’était un long WE, j’en ai profité pour rendre visite à de la famille et du coup, j’avais mes enfants avec moi. Ceux qui me suivent régulièrement savent que mon plus jeune fils est passionné par les squelettes. Or là, il y avait tout un stock de squelettes, issus d’une ancienne fouille dans un couvent ou une église (j’ai un trou de mémoire, gloups). Mon collègue avait autorisé mon mari à les ouvrir et avait mis une table à disposition pour étaler les  ossements. Cela a été l’occasion d’offrir à nos enfants, et surtout au plus petit, une leçon d’anatomie grandeur nature. Un vrai privilège, dont il a bien profité et qui lui a permis de visualiser en 3D les dessins qu’il regarde sur ces différents livres consacrés à  l’anatomie humaine.

Très Shakespearien….

Son préféré, c’est celui qu’il appelle « Le grand frère » et qui est en fait Comment fabriquer son grand frère, d’Anaïs Vaugelade, un livre illustré magnifiquement qui raconte l’histoire de Zuza, une petite fille qui vient d’avoir une petite sœur alors que elle, elle rêve d’avoir un grand frère. Alors, elle décide de créer son grand frère de toutes pièces avec ce qu’elle a sous la main, à l’aide d’une encyclopédie et de ses jouets et doudous. Ce livre explique de manière ludique et imagée toutes les étapes de création d’un être humain et mon fils ne s’en lasse pas. Il est vraiment à la portée des petits qui sont curieux et qui se posent des questions, même si l’âge recommandé est plutôt à partir de 7 ans. Je vous le recommande chaleureusement!

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On a visité le Thot et Lascaux! Ce qu’on en a pensé…

Volet 1 : le  Thot-Espace Cro-Magnon

En Juillet, nous sommes allés visiter en famille la grotte de Lascaux, ou plutôt le fac-similé Lascaux II. Comme nous étions en pleine période préhistoire avec les enfants, ça s’imposait d’aller voir en « vrai » une grotte ornée par les fameux hommes de Cro-Magnon. On a fait un peu de route mais on était motivés !

Mais attention !!! La visite est guidée et il faut réserver un créneau horaire à Montignac, la commune sur laquelle se trouve la grotte (en haute saison)! Ce que nous ne savions pas. On ne peut donc pas acheter ses tickets sur le site de Lascaux II. Il faut prévoir de réserver à l’avance, en ligne, ou d’aller (TÔT!) dans le local dédié à côté de l’office de tourisme. Vous choisissez la langue dans laquelle vous voulez avoir la visite guidée. Vous pouvez également coupler votre visite avec celle du Thot qui est un centre d’interprétation sur la grotte de Lascaux et son environnement. Lire la suite

Les panneaux indicateurs antiques : les bornes milliaires

Aujourd’hui, je vous livre quelques petites informations sur les bornes miliaires antiques avec un petit jeu pour les enfants pour leur expliquer en s’amusant (voir au bas de l’article) !

Alors qu’est-ce que c‘est que ces bornes milliaires ? Et bien tout simplement des poteaux indicateurs antiques, cylindriques ou parallélépipédiques, qui étaient disposés le long des voies romaines pour indiquer les distances depuis une ville importante, comme une capitale de cité. Tout comme de nos jours, autrefois, les voyageurs avaient besoin de se repérer dans l’espace et connaître les distances entre leur position et leur point d’arrivée. Peut-être avaient t’ils aussi des enfants qui leur demandaient toutes les 5 minutes : « on est bientôt arrivés ? », « c’est quand qu’on arrive ! ».

On sait également qu’ils disposaient d’itinéraires et de cartes pour les aider à prévoir leur voyage.

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Photo depuis l’article wikipedia

Les bornes milliaires sont appelées ainsi en référence aux distances antiques, en milles, c’est-à-dire 1000 pas romains. Mais à partir de l’empereur Septime-Sévère (règne 193-211), les distances seront exprimées en lieux. Les bornes milliaires deviennent des bornes leugaires mais dans l’usage courant, de nos jours, elles sont le plus souvent appelées bornes milliaires. On les retrouvait tous les mille pas ou les mille lieux.

Mille pas : 1478, 5 m

Mille lieux : entre 2208 et 2220 m

Ce changement d’unité de mesure durant l’époque de Septime-Sévère est lié à une grande campagne de réfection des routes qui intervient à un moment un peu trouble politiquement. En effet, un conflit portant sur le contrôle de la Bretagne et de la Gaule, opposait le gouverneur de Bretagne à Septime-Sévère et le dernier, lors de la bataille de Lyon, tua le premier. Ainsi, afin de réaffirmer son pouvoir sur la Bretagne, Septime-Sévère engagea de grands travaux et une expédition militaire. Il fit édifier de nouvelles bornes sur les tronçons réparés, avec l’intention d’en faire des outils de propagande à sa gloire et celle de ces fils. Sur ces bornes sont ainsi gravés les noms complets de l’empereur et de ses fils mais aussi leur titulature, c’est-à-dire tous leurs titres officiels, religieux ou militaires. Ce qui est exprimé de cette façon, c’est leur prestige politique, social et militaire. Il faut également préciser que ces panneaux étaient le plus souvent réalisés et payés par des notables locaux, dûment mentionnés dans la gravure, dans le but de montrer leur fidélité et leur loyauté à l’empereur. Enfin, l’énumération des titulatures, bien cernées chronologiquement, est un excellent moyen pour les archéologues de dater ces bornes

Donc en résumé, une borne milliaire ou leugaire est :

-un panneau indicateur

-un panneau publicitaire

-un outil de propagande

et de nos jours

-un outil de datation

Bonus : Allez, je vous le dis : Une fois son père mort, Caracalla fit assassiner son frère Géta et fit voter par le Sénat une damnation memoriae. Cette procédure consiste à effacer au sens littéral toute trace d’existence d’une personne. Ainsi, il fit effacer le nom de son frère de toutes les inscriptions, de tous les monuments, il était interdit de prononcer son nom en sa présence et pour parfaire le tout, il fit assassiner ses amis, relations et possibles concurrents.

Trop sympa le gars…. Un empereur romain quoi…

Voici la traduction de deux bornes dues à Septime-Sévère

Borne de Desvres

« À l’empereur César L. Septimius Severus Pieux Pertinax Auguste, Arabicus, Adiabenicus, Parthicus Maximus, Père de la Patrie, consul trois fois, et à l’empereur César M. Aurelius Antoninus Pieux Felix, consul, et à L. Septimius Geta très noble César, 14 lieues depuis Thérouanne ».

Borne de Soissons

« À l’empereur César L. Septimius Severus Pieux Pertinax Auguste, Arabicus, Adiabenicus, Parthicus Maximus, Père de la Patrie, consul trois fois, et à l’empereur César M. Aurelius Antoninus Pieux Felix, Auguste, consul, et à Publius Geta très noble César, réalisé par Lucius P. Postume, légat d’Auguste pro-préteur, 7 lieues depuis Augusta Suessionum »

Un peu de traduction :

À l’empereur César Lucius Septime Sevère, Pieux, Pertinax Auguste, vainqueur des Arabes, des Adiabènes, des Parthes, le grand, Père de la patrie

Félix : bienheureux

Augusta Suessionum : Soissons

Biblio avec lien intégré si vous voulez allez plus loin :

Christine Hoët-Van Cauwenberghe, Javier Arce, Avec la collaboration de  Nathalie Descheyer, Borne milliaire de l’empereur Septime Sévère et de ses fils trouvée à Desvres (Pas-de-Calais) », Revue du Nord, 2004 ;

Une petite plaquette grand public sur la découverte, n°15 de la liste, ici

N’oubliez pas le petit jeu labyrinthe pour les enfants : un jour férié, vous pourrez les occuper en leur apprenant comment les romains repéraient leur chemin. Il faut aider Publius à trouver le chemin de Lugdunum mais un seul chemin mène à l’arc de triomphe de la ville!

Bon WE de l’Ascenscion

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Des vases gaulois et des trousses : broder l’histoire

Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler de l’art graphique des gaulois. Ici, il sera question plus particulièrement de vases peints zoomorphes de la fin de l’époque gauloise, qu’on appelle en général La Tène finale. Je dis en général, parce qu’il y a des subdivisions plus précises mais là, je risque de perdre tout lecteur autre qu’archéologue ou personne très intéressée par la période…. Ce n’est pas le but. Mon but, c’est de vous faire découvrir comment les gaulois représentaient le monde animal et comment s’exprimait leur créativité, sur un support particulier, les vases balustres peints. Ils avaient une vision très graphique, toute en courbes et arabesques, très stylisée et qui moi, me plait énormément et m’inspire.

La Tène finale va environ du milieu du IIe siècle av. J.-C jusqu’au moment de la conquête romaine de la Gaule (52 av.). Certains peuvent la faire durer jusqu’au début du règne d’Auguste.

Les vases peints sont rares, ce sont des vases d’exception. Il faut savoir qu’à l’époque gauloise, la cuisson des aliments se faisait essentiellement dans des vases sans décor en terre cuite, pour les légumes, les céréales. Les plats étaient consommés également dans des vases en terre cuite qui pouvaient recevoir un traitement de surface plus soigné. La viande pouvait être cuite à la broche, au dessus du feu mais aussi bouillie avec les autres aliments. Le chaudron est aussi une composante de la batterie de cuisine. Mais, ce que l’on retrouve dans les fouilles, ce sont plutôt les céramiques, car le métal pouvait être réemployé, refondu et par conséquent, il est rare dans les contextes archéologiques.

Mais il arrive que de belles découvertes soient réalisées, comme récemment dans des tombes de la région de Laon ou à Eterpigny et Barleux, sur les fouilles du Canal Seine-Nord Europe ou encore en Auvergne, à Clermont-Ferrand. La région de Clermont-Ferrand a livré de belles collections qui ont récemment fait l’objet d’une étude de synthèse très intéressante. En effet, 38 vases à décors peints plus ou moins complets ont été découverts lors de la fouille sur le site de « Gandaillat ». Les décors sont de deux sortes : 16 sont géométriques, 22 ont des représentations animales (dites «zoomorphes ») qui sont associées à des compléments décoratifs géométriques ou végétalisants. Ces vases ont été datés du IIe siècle avant J.-C.

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photo ©SRA Auvergne

Le type de décor qui a attiré mon attention est celui mettant en scène des animaux, des cerfs et des biches. Dans d’autres régions, des chevaux sont également représentés. Le contour des animaux est peint  sur le vase, l’intérieur est laissé tel quel et le fond peut être peint en noir ou brun de différentes nuances, ou rempli par une fine résille de peinture brune. Plusieurs styles ont été identifiés et permettent de classer les décors au sein de groupes décoratifs. Les animaux sont représentés très cambrés avec un torse bombé et une ramure, des oreilles et des queues très développées, évoluant au fil du temps ou selon les artistes. L’auteur de l’article émet l’hypothèse, par l’observation des attitudes de cerfs en milieu naturel, que ces scènes évoquent le moment de la parade nuptiale et les combats entre mâles, ramures contre ramures.

La fonction de ces vases, souvent associés à des éléments du service de la boisson, devaient revêtir une dimension cultuelle. Les cerfs étaient considérés par les gaulois comme des symboles d’immortalité et de fertilité, ce qui est mis en avant avec des scènes représentant la parade nuptiale, appelée également période du brame du cerf.

Vous pouvez retrouver l’article complet sur les vases de Gandaillat en téléchargement ici et un tableau pinterest leur est consacré ici, pour vous rendre compte en photo du rendu de ces vases tout à fait exceptionnels. Vous y trouverez également des images du chaudron de Gundestrup, avec une représentation de cerfs et du dieu  Cernunnos.

Cet article fort intéressant a été l’occasion pour moi de stimuler ma fibre créatrice et d’actualiser ces décors en les brodant dans des couleurs modernes. J’ai ainsi réalisé des trousses et un sac est en cours.

J’ai choisi des tons volontairement girly, car ils étaient destinés à des amies. Une manière de réactualiser des motifs anciens. J’ai utilisé un point arrière pour la broderie, avec du coton mouliné DMC. Deux trousses à décor simple sont également en vente ici.

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photos ©Les Patrinautes