L’église Saint-Eloi de Dunkerque, entre guerres et paix…

L’église Saint-Eloi est un monument majeur du patrimoine de Dunkerque. La date d’origine de la construction de la toute première église de la ville est inconnue. Toutefois, un texte du XIe siècle (1067) nous apprend que Dunkerque existait déjà à cette période. Il est probable que la petite bourgade de pécheurs possédait alors une petite église ou au moins une chapelle, cette fameuse « église dans la dune », qui donna son nom à la ville. Saint Eloi quand à lui est un personnage qui vécut à l’époque mérovingienne (VIIe siècle) et n’a pu connaître Dunkerque,  dont l’emplacement était alors sous les eaux.

On sait, grâce à des textes et des gravures, que l’église existante fût reconstruite, grâce à la contribution de toute la population, au XVe siècle, à partir de 1450, selon le modèle de la hallekerque, alors répandu en Flandre. Le maître d’œuvre était originaire de la ville de Gand. Comme on peut le voir sur la gravure et le schéma, elle était dotée de trois vaisseaux d’égale hauteur, avec un transept et une tour porche en façade, par laquelle on entrait dans l’église.

La tour porche est notre beffroi actuel, seul vestige de l’époque médiévale encore en élévation.

Dunkerque fût la proie, à travers les siècles, des nombreuses vicissitudes des guerres successives. Saint-Eloi eut souvent à en subir les conséquences et en 1558, lorsque les français s’emparèrent de la ville, elle fût pillée et l’église, incendiée. L’année suivante, le conseil de la ville décida de sa reconstruction, mais sur un plan plus vaste. Cependant, ils n’eurent pas les fonds nécessaires à l’achèvement des travaux. Le chœur et les premières travées de la nouvelle nef, de style gothique flamboyant purent être achevées. Il y avait désormais, comme on le voit sur le plan, une nef, des bas-côtés et des chapelles tout autour, rayonnantes dans le chœur au chevet désormais arrondi.

Les ruines des vaisseaux de la hallekerque, quant à elles, furent laissées en place et la tour porche fut murée. En 1591, un passage voûté fût aménagé dans les ruines afin de créer un passage.

Une de grandes spécificités de cette église gothique était l’absence d’arc-boutants, remplacés par des contreforts et des barres métalliques à l’intérieur, assurant la stabilité de l’édifice.

En 1782, alors que la ville subissait des transformations importantes, l’intendant des Flandres commanda une façade à l’architecte parisien Victor Louis. En effet, Saint-Eloi n’avait toujours pas de façade. Il imaginât un portique à colonnes néo-classique, dans l’air du temps, avec un fronton. Il détruisit aussi les murs de séparation des chapelles, créant ainsi un second bas-côté.

Il recula également les murs au-delà des contreforts, donnant un aspect plat aux murs.

Son autre action majeure fût de raser les ruines de l’ancienne hallekerque, séparant ainsi définitivement le beffroi de l’église.

Toutefois, à cause de vices de construction, la façade se dégradât rapidement et elle fût démontée en 1882.

En 1885, un concours fût organisé pour une nouvelle façade. Il fût remporté par un architecte local, Van Moë, et en 1889, la nouvelle et définitive façade néo-gothique, de style Ile-de-France, fût achevée.

Mais l’église Saint-Eloi n’en avait pas fini avec les drames, car avec les deux guerres mondiales, elle subit des destructions majeures et sa reconstruction fût lente et totalement achevée seulement en 1985 !

Bibliographie : les panneaux conçus par les archives de Dunkerque, 2008, visibles dans l’église. Je vous les recommande chaudement! ; A. Cabantous (Dir.), Histoire de Dunkerque, éditions Privat, Toulouse, 1983

 

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Les voutes du choeur et de l’abside

On peut observer dans cette partie, une profusion de chapiteaux aux styles différents.

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Bergues : une ville au riche patrimoine urbain

Bergues, rendue célèbre par le film de Dany Boon, « Bienvenue chez les Ch’tis », est en réalité une ville flamande, ancienne place marchande prospère, dont les traces écrites de la création remontent au VIIe (Cartulaire de Saint Bertin). Une occupation bien antérieure est supposée. Depuis le Haut Moyen Age, la ville fait partie du Comté de Flandre (IX e siècle). Son beffroi, en pleine rénovation, est un des fleurons de la ville et son carillon à 50 cloches est très célèbre, encore plus depuis le fameux film. Elle a bien souffert de la 2e guerre mondiale, mais contrairement à Dunkerque (certes rasée presque totalement), elle fût reconstruite à l’identique, ce qui lui confère son charme. Lire la suite

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Aujourd’hui, c’était le jour du test de notre premier jeu de découverte du patrimoine, sur l’abbatiale d’Essômes-sur-Marne. Nous avons eu l’honneur de le tester avec le centre de loisirs du village où se situe le monument historique que nous avons mis en lumière.

Nous étions accompagnés par Jeannine, membre et guide de l’association Saint Ferréol pour la Sauvegarde  de l’Abbatiale d’ Essômes sur Marne.

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