Les Bains Dunkerquois : vers une renaissance?

J’ai eu la chance de faire partie des 100 sélectionnés pour cette visite exceptionnelle, lors des journées européennes du patrimoine. Alors oui, ça a pu faire polémique. Mais il y avait les questions d’accessibilité et sécurité.

L’endroit où l’on se tenait était très restreint et ne permettait pas un flux continu de visiteurs, d’autant que la visite était commentée, à la fois par les organisateurs de l’association des Bains dunkerquois, bénévoles et par M. Tomasek, adjoint au maire et que cela durait une heure.

De plus, jusqu’à aujourd’hui, personne n’avait agi pour sauver ce patrimoine, qui s’écroulait dans une indifférence quasi générale, alors rangeons nos rancoeurs et remercions les frères Vergriete…

Durant la visite, ceux-ci nous ont retracé la genèse de leur action passionnée et M. Tomasek, les circonstances de l’abandon du site et de son état délabré, la restauration des façades (entre 2010 et 2011) et surtout le projet de réhabilitation en Maison du carnaval, lieu d’interprétation et de transmission, à la fois aux jeunes générations et aux nouveaux arrivés ou aux touristes, retraçant également l’histoire du carnaval. Quoiqu’on en dise, cela sera un musée, que l’on peut espérer vivant, liant patrimoine matériel et immatériel. Il est espéré pour 2023/2024 et un concours d’architecte est sur le point d’être lancé.

Le bâtiment a été construit à la fin du XIXe siècle, en 1896, en pleine mode des lieux hygiénistes. Il est de style néo-oriental ou mauresque, avec de multiples influences orientales, dont le dôme en forme de bulbe inspiré des mosquées. En plus de la piscine, il a été doté de lavoirs et de baignoires au sous-sol. Détruit durant les deux guerres, il a été rénové en 1953 avec un bassin de 25m propice aux compétitions, avant de fermer en 1975. Il était devenu vétuste et obsolète face à la nouvelle piscine Paul Asseman.

La façade et le mur latéral sont classés à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 1982.

Nous sommes restés dans le hall d’accueil, qui desservait les vestiaires, le lieu où étaient conservés les effets personnels et la piscine. Une animation sonore nous immergeait à l’époque où la piscine était fréquentée.

Comme vous pouvez le constater, les lieux sont très abimés, les toitures se sont écroulées, la verrière suit le même chemin. Les futurs travaux devront intégrer l’existant, sans le détruire et le dénaturer.

Pour ceux qui n’ont pu entrer dans les Bains, vous trouverez sur le site de l’association des vidéos de la totalité des intérieurs.

Maintenant, la prochaine ouverture est prévue à l’ouverture du musée. Nous attendrons les travaux avec impatience….

Enregistrer

L’église Saint-Folquin d’Esquelbecq, histoire d’une hallekerke flamande

En face, du château d’Esquelbecq, au centre d’une place d’armes, desservie par des rues à angles droits sensées faciliter la défense de la place, trône la hallekerke de Saint Folquin.

Une Hallekerke est une église dont la nef centrale et les bas côtés, qui sont alors des nefs latérales, sont de même hauteur et communiquent entre eux sur toute la hauteur, comme vous pouvez le voir avec les photos ci-dessus et ci-dessous. Au contraire des églises classiques avec une nef centrale plus haute que les bas-côtés… Lire la suite

Le château d’Esquelbecq, un château de style flamand à découvrir

Samedi matin, je suis allée visiter le Château d’Esquelbecq à l’occasion des journées du Patrimoine. Depuis quelques années, il fait l’objet d’un nouveau dynamisme avec un programme salutaire de restaurations, impulsé par le propriétaire, Johan Tamer, et a reçu plusieurs trophées prestigieux pour la qualité de ses restaurations. L’aile nord en partie effondrée suite à l’effondrement de la tour de gué en 1984 a pu être reconstruite grâce à une levée de dons et de subventions et est désormais ouverte au public lors d’occasions comme les JEP. Lire la suite

L’église Sainte-Madeleine de Troyes

Cette église est la plus ancienne de Troyes. Sa construction remonterait à 1120. Vers 1200, elle est reconstruite dans le style gothique, alors au début de son essor. Puis, au début du XVIe siècle, l’abside et le chœur sont rénovés dans le style gothique flamboyant de la période.

Les voutes du choeur et de l’abside

On peut observer dans cette partie, une profusion de chapiteaux aux styles différents.

Lire la suite

On a visité Troyes et on a adoré!

La semaine dernière, nous avons visité Troyes. Cela faisait longtemps que j’en avais envie et là, il y avait deux expositions archéologiques que je voulais voir.

Troyes est une magnifique ville qu’il faut absolument aller visiter : il n’y a pas que les magasins d’usines !

Dans le cœur de ville, sensé ressembler à un bouchon de champagne, on y trouve un très grand ensemble de maisons à pan de bois, toutes droit sorties de notre histoire !

D’ailleurs cette ville a un riche passé, qui se révèle au détour des rues mais aussi des découvertes archéologiques !

Troyes est une ville dont la création remonte à l’époque gauloise et, à l’époque gallo-romaine, elle devient Augustobona, en l’honneur de l’empereur Auguste. Elle est alors la capitale du peuple des Tricasses. Au IIIe siècle, la ville est renommée Tricassium, à l’origine du mot Troyes.

Durant le Moyen-Age, elle est la capitale des comtes de Champagne et le siège des fameuses foires de Champagne, qui ont fait sa prospérité.

En 1487 et 1524, deux incendies ravagent le cœur de la ville. Des milliers de maisons et plusieurs monuments sont détruits. Après l’incendie de 1524, la ville est reconstruite rapidement, avec des rues plus alignées, plus larges, ce qui témoigne de la prospérité de la ville à cette époque. C’est ainsi du XVIe siècle que datent la plupart des maisons à pan de bois que l’on peut voir de nos jours, ainsi que plusieurs églises de la ville dont je vous parlerai plus tard. Les marchands les plus riches, quand à eux, ont reconstruit leurs habitations en pierre, des hôtels particuliers.

L’hôtel particulier de Marisy

 

C’est la grande époque des écoles de sculpture et de vitrail champenoises, dont les œuvres font la beauté des monuments troyens.

Après le XVIe, la situation économique et politique de la ville fluctue fortement.

Après une période noire, au XX siècle, où beaucoup de maisons, vétustes, mal entretenues et insalubres sont détruites. Dans le deuxième moitié du XXe siècle, la ville prend conscience du potentiel de son cœur de ville et un programme de rénovation est peu à peu mis en œuvre. Il en résulte une ville avec un cachet indéniable, magnifique et qui attire les touristes.

Allez y à votre tour, vous ne serez pas déçus. Les supports de médiation sont nombreux et des petits livrets disponibles dans les monuments principaux vous content leur histoire. Le site de l’office de tourisme est une mine. Allez flâner dans les rues, vous trouverez des perles.

Un passage couvert à plusieurs entrées, magnifique

Hôtel de Vauluisant, qui abrite les musées de l’Art Champenois et de la Bonneterie

Je vous conseille d’y aller au moins sur deux jours pour tout voir !

Il y a également tout un tas de restaurants très sympas, dont beaucoup servent une cuisine d’ailleurs. On vous recommande le restaurant grec To Tzaki, la cuisine est délicieuse et la serveuse très gentille. Il est niché dans une très jolie maison à pans de bois.

 

Voici une liste des choses à voir absolument quand on aime l’histoire et l’histoire de l’art :

-Le Musée Saint-Loup avec l’exposition sur les Sénons, jusque le 29 octobre

-L’exposition Arkéaube, à l’Hôtel-Dieu, jusqu’au 30 décembre

-la cité du vitrail

-L’église Sainte-Madeleine

 

-L’église Saint-Pantaléon

-La cathédrale

-Le musée de l’outil et de la pensée ouvrière

Nous ne l’avons pas visité, mais la cour intérieure est magnifique!

 

J’ajoute que cette ville est une excellente illustration du programme d’histoire de 5e et que la visiter avec votre enfant lui permettra de mieux visualiser ses cours.

 

Enregistrer

Découvrir notre patrimoine par le jeu : l’Abbatiale d’Essômes-sur-Marne

Le samedi 16 juin, un rallye jeu était organisé dans l’Abbatiale d’Essômes-sur-Marne par l’association ASAE (Association de Sauvegarde de l’Abbatiale d’Essômes-sur-Marne) et par moi-même (Le Courtil des Simples-Les Patrinautes).

Afin de permettre aux enfants et aux familles (mais pas que) de passer le pas de la porte durant les portes-ouvertes du samedi et de  pouvoir découvrir l’abbatiale, j’ai conçu un jeu à disposition de l’ASAE. Chacun d’entre vous peut en demander un exemplaire aux bénévoles à l’accueil et le réaliser durant sa visite!

L’ASAE est une association qui met toute son énergie, grâce à une équipe de bénévoles dévoués, dans la sauvegarde de ce bâtiment de presque 800 ans. Outre les portes ouvertes, ils organisent de nombreux évènements culturels, dont une exposition d’un artiste, chaque année en Septembre, que les écoliers du village ont la chance de visiter en compagnie de l’artiste de l’année.

Cette fois, la journée des Patrimoines de pays et des Moulins était l’occasion de faire découvrir l’Abbatiale dans un challenge par équipe. Le thème de l’année était « L’Homme et l’Animal », ce qui tombe bien puisque le monument regorge de représentations d’animaux en tout genre, fantastiques ou non et de personnages humains très variés.

Chaque équipe mêlant petits et grands, ou grands seulement (on a même eu une équipe d’ados, et oui !), munie des livrets jeux, est partie à la recherche des réponses, le nez en l’air, à observer et compter.

Une fois la réponse finale trouvée, il leur a fallu encore résoudre 4 questions destinées à retrouver les clefs de l’Abbatiale. A ce jeu, c’est notre équipe d’ados qui fût la plus rapide !

A la fin du parcours, un petit atelier permettait de se familiariser avec les techniques de construction des voûtes romanes.

Cette belle après-midi fût clôturée par une remise de récompenses, des livres d’art remis par l’ASAE et un mémo d’aide à la visite d’église, conçu par les Patrinautes, puis un goûter, offert par la biscuiterie Lu (encore un grand merci !) et par l’ASAE (Merci à Mireille, Jeanine et Bernard !).

Les sept équipes, les bénévoles de l’ASAE et moi-même avons passé une superbe après-midi d’échanges et de rires, autour de ce beau monument. Il en existe tellement en France, ils sont des symboles de notre histoire ! Poussez leur porte et laissez vous emmener par l’Histoire.

Une abbatiale : quesako ?

Il s’agit tout simplement de l’église principale d’une abbaye. Et oui, autrefois, il y avait une abbaye à Essômes-sur-Marne, avant que la révolution ne s’en mêle !

Et voici l’article paru dans l’union! ici

Pour tout renseignement sur l’Abbatiale : www.abbatiale.org

Journées Portes Ouvertes : tous les samedis d’avril à septembre, 10-12h et 15-18h.

Pour faire appel à nos prestations de médiation culturelle et archéologique : www.lespatrinautes.wordpress.com

Enregistrer

Bergues : une ville au riche patrimoine urbain

Bergues, rendue célèbre par le film de Dany Boon, « Bienvenue chez les Ch’tis », est en réalité une ville flamande, ancienne place marchande prospère, dont les traces écrites de la création remontent au VIIe (Cartulaire de Saint Bertin). Une occupation bien antérieure est supposée. Depuis le Haut Moyen Age, la ville fait partie du Comté de Flandre (IX e siècle). Son beffroi, en pleine rénovation, est un des fleurons de la ville et son carillon à 50 cloches est très célèbre, encore plus depuis le fameux film. Elle a bien souffert de la 2e guerre mondiale, mais contrairement à Dunkerque (certes rasée presque totalement), elle fût reconstruite à l’identique, ce qui lui confère son charme.

Aujourd’hui, c’était la journée des Espaces fortifiés et à cette occasion, on pouvait suivre des balades à pied des remparts et de la ville, en petit train et visiter le musée du Mont de Piété, exceptionnellement ouvert (ouverture officielle le 13 mai). Bergues est une ville entièrement enclose de remparts, d’époque Vauban ou antérieure. Autrefois en bord de mer, quand celle-ci se retira (voir la trangression dunkerquoise), on creusa un canal pour continuer à amener les bateaux de commerce.

Comme il pleuvait et que j’emmenai mes enfants de 4 et 6 ans, j’ai opté pour le petit train : ludique, couvert, avec un chauffeur bien sympathique et surtout une bande son de qualité.

En général, je suis toujours réticente avec les petits trains, c’est toujours un peu « chip ». Mais là, il faut dire que celui là est très original et très beau. En fait, il s’agit de l’unique exemplaire de cette sorte, une reproduction d’un bus électrifié des années 1920/1930, fabriqué en 1999. C’était le projet du maire de l’époque. C’est là que j’ai appris que tous les petits trains que l’on voit partout sont en fait construits par une seule entreprise, basée en Italie….

Intérieur tout en bois

Le tour dure un peu plus de 30 minutes . On a pu observer toutes sortes de détails architecturaux sur les maisons, en briques jaunes, une originalité de Bergues, qui lui confère une grande harmonie.

Mascarons qui servent de clef de voûte aux fenêtres

On a vu la plus vieille maison, les remparts, les écluses, les marchés… Le passé de la ville est riche et on le sent dans les noms des rues et des places, en plus des monuments : marché au lin marché aux bestiaux, quai des maçons… Il y a beaucoup à dire, une autre fois sûrement, avec un vrai appareil photo (hum, oubli de carte sd)…

La plus vieille maison

Porte de l’abbaye Saint Winoc

Si vous habitez dans la région ou si vous venez découvrir notre région : allez à Bergues et faites ce tour en petit train, vous ne serez pas déçus. C’est dense mais intéressant.

Ensuite, nous sommes allés au Mont de Piété, spécialisé dans la peinture flamande.

Récemment rénové à l’intérieur, il vaut vraiment le coup d’oeil.

Mon grand s’est montré très intéressé et a posé pas mal de questions. J’ai du puiser dans mes souvenirs universitaires mais ça m’a changé des romains et des gaulois…

Une visite qui nous a donné l’envie de creuser un peu plus!

Pour les infos sur le tour 99, le petit train : ici

En savoir plus sur le Mont de Piété : ici

 

 

 

Test de notre premier jeu patrimoine

Aujourd’hui, c’était le jour du test de notre premier jeu de découverte du patrimoine, sur l’abbatiale d’Essômes-sur-Marne. Nous avons eu l’honneur de le tester avec le centre de loisirs du village où se situe le monument historique que nous avons mis en lumière.

Nous étions accompagnés par Jeannine, membre et guide de l’association Saint Ferréol pour la Sauvegarde  de l’Abbatiale d’ Essômes sur Marne.

Les enfants étaient 31, de 3 à 12 ans et ont été répartis en 7 groupes d’âge mixé accompagné d’un animateur.

Les enfants ont été très consciencieux et leurs remarques me permettront de réajuster certaines questions. Ils ont bien joué le jeu et semblaient très contents. Notre démarche est basée sur la coopération et l’observation, ce qui permet à chacun de contribuer selon ses capacités à la recherche des réponses à travers tout le monument.

Nous avons mis plus ou moins 1 heure, selon les groupes, pour répondre à toutes les questions.

Je suis ravie de cette expérience qui a permis aux enfants du village de mieux connaître le principal monument historique de l’endroit où ils habitent. Certains l’avaient déjà visité avec leur école et avaient de bons souvenirs !

Merci à Mumu et son équipe au TOP!

Par la suite, le livret jeu finalisé sera mis à la disposition de l’association pour la Sauvegarde  de l’Abbatiale pour qu’il soit remis aux familles visitant l’abbatiale lors des différentes portes ouvertes.

Dans nos régions, nous avons un beau patrimoine, il est important pour nous, aux Patrinautes, qu’il soit mit en valeur pour tous et que chacun puisse connaitre et apprécier les grands comme les petits monuments de notre environnement.

L’association de l’abbatiale organise également lors des journées européennes du Patrimoine, une exposition de peinture où les scolaires viennent rencontrer l’artiste peintre invité.

Le lien pour le site de l’association de l’abbatiale.

C’est vraiment un monument superbe, acteur de notre histoire, qui gagne à être visité !

L’apothicairerie de Lons-le-Saunier : un bijou à visiter!

Cet été, j’ai visité en solo une apothicairerie que je voulais voir depuis longtemps. Seulement, elle n’est visitable que deux fois par semaine l’été, le mercredi à 10 h et le vendredi à 15h, alors c’était l’occasion ou jamais. On ne peut la visiter qu’avec un guide de l’office du tourisme, dans mon cas, Christelle, dont j’ai particulièrement apprécié la passion, la maîtrise du discours et de la distillation des informations ainsi que la parfaite connaissance de son sujet. Cela donne une visite intéressante et agréable, pas du tout ennuyeuse.

Lire la suite