L’apothicairerie de Lons-le-Saunier : un bijou à visiter!

Cet été, j’ai visité en solo une apothicairerie que je voulais voir depuis longtemps. Seulement, elle n’est visitable que deux fois par semaine l’été, le mercredi à 10 h et le vendredi à 15h, alors c’était l’occasion ou jamais. On ne peut la visiter qu’avec un guide de l’office du tourisme, dans mon cas, Christelle, dont j’ai particulièrement apprécié la passion, la maîtrise du discours et de la distillation des informations ainsi que la parfaite connaissance de son sujet. Cela donne une visite intéressante et agréable, pas du tout ennuyeuse.

 

L’hôtel Dieu est un bâtiment d’architecture classique, relativement récent, édifié entre 1735 et 1745. Des religieuses venant de l’Hôtel-Dieu de Beaune viennent s’y installer. Dès l’entrée, nous pouvons prendre la mesure de l’originalité du bâtiment avec une grille monumentale en fer forgée, caractéristique de l’artisanat lédonien, autrefois entièrement recouverte à la feuille d’or. L’aile gauche est percée de fenêtres alternant avec des trompes l’oeil, moyen original de resquiller la taxe sur les ouvertures, en vigueur à l’époque.

Enfin, dans le passage sous arcade de cette aile s’ouvre un escalier conçu selon une technique novatrice pour l’époque,  dite « escalier dans le vide« , c’est-à-dire que la première volée tient sur un écoinçon tandis qu’une clef de voûte tient l’arche, sans colonne.

Enfin, au bout de l’aile, nous arrivons à l’apothicairerie, composée de trois pièces. Les deux premières sont boisées, d’époque, et recèlent une très belle collection de pots à pharmacie, principalement de Nevers et de Meillonnas avec quelques exceptions, comme deux pots à baume de Poligny, un pot de Montpellier, un pot de Lyon et quelques faux Nevers, issus d’échanges entre Hôtel-Dieux. On y trouve également un très bel herbier en papier chiffon, très bien conservé car immunisé contre les nuisibles des livres anciens.

La dernière pièce présente une belle collection de pots de « seconde qualité », qui appartenait à l’Hôtel-Dieu de Dole et qui a été déposé à Lons-le-Saunier à l’occasion d’une succession. Il est intéressant d’y remarquer les nombreuses erreurs d’écriture et les rattrapages divers et variés.

Différentes anecdotes autour de pots, de remèdes de longue vie, d’instruments, d’armoiries ou encore d’un poisson-globe animent et illustrent la visite.

Confiture de grenade : les confitures étaient considérées comme des remèdes et des excipients qui permettaient d’administrer les médicaments, pour que cela soit plus agréable.

Vieux remède encore dans son emballage d’origine!

Comme je suis passionnée de plantes médicinales, de remèdes anciens et de céramique, l’apothicairerie est vraiment idéale pour moi.

Un jeu est disponible pour les enfants à partir de 7 ans. Pour qu’il soit vraiment utile, demander à la guide de l’introduire en début de visite, car il se fait en écoutant la guide et si vous avez raté la marche au début, les enfants ne s’y mettront pas, car il n’y a pas de panneaux, les réponses sont dans le discours de la guide et comme elle est passionnante, on zappe le jeu.

J’aurai pu vous en dire encore plus mais je préfère vous laisser le suspens, pour que vous ayez le plaisir de vous laisser emporter par la visite.

Elle coûte 5 euros par personne. Il y a également possibilité de réserver une visite pour un groupe minimum de 5 personnes. Tout est en rez-de-chaussée, elle est accessible pour les personnes à mobilité réduite.

Je vous la recommande vivement !

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