ou comment les assiettes sont arrivées chez les gaulois du nord…

Aujourd’hui, je vous ai écrit un petit article pour vous parler de l’origine des assiettes chez nous.

Les assiettes ont été importées en Gaule par les romains à partir de la Conquête. Les gaulois n’en connaissaient pas l’usage car leur alimentation était basée en grande partie sur des aliments bouillis (céréales, légumes, viande) ou mijotés, avec une composante liquide importante, qui nécessitait des récipients creux pour la consommation à table. La nourriture était préparée et cuite dans des pots à cuire ou des jattes disposés autour du feu ou dans des chaudrons suspendus au dessus du foyer. Les galettes de céréales et le pain pouvaient être cuits sur la sole du foyer, une fois les braises écartées. Des fours domestiques sont connus également.

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Répertoire gaulois courant et commun

En revanche, la cuisine de la même époque en Italie, connaissait les aliments frits à la poêle, les flans ainsi que tout un ensemble de plats dégustés avec des sauces, présentées à part dans des petites coupes. L’alimentation de base reposait aussi sur les bouillies de céréales mais le panel de préparations complémentaires de la cuisine romaine nécessitait le recours à une vaisselle spécialisée, inconnue des gaulois. Si dans les milieux aisés, on utilisait une assiette par convive ainsi que deux coupes à sauces, dans tous les milieux sociaux, on usait du mortier, des plats à cuire ou des poêles. Les aromates tenaient une place importante dans la cuisine romaine.

Ainsi, avec les légions et les marchands romains arrivèrent également sur notre sol, de nouvelles pratiques alimentaires. Au départ, entre la fin de la guerre des Gaules et le règne de l’empereur Auguste, elles sont visibles en infimes quantités dans des sites privilégiés comme les oppida ou les riches fermes aristocratiques, sans les coupes et les mortiers. Mais tout change à l’époque augustéenne, quand l’empereur Auguste raffermit l’autorité de Rome sur la Gaule et l’organise sur tous les plans. Des marchands s’installent, des officines de potiers spécialisées sont crées et un nouveau répertoire est mis en place, copiant la vaisselle romaine, tandis qu’une autre partie garde les spécificités du répertoire gaulois.

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Assiette et coupe en terre sigillée

Le nombre d’assiettes grimpe en flèche, les coupes apparaissent, et ce, dans tous les sites romains. Toutefois, ces formes restent minoritaires sur bon nombre de sites ruraux et les coupes n’auront jamais la même place sur les tables gallo-romaines qu’en Italie. Mais l’important, pour les gens de cette période (surtout les notables), c’est de montrer son intégration à l’empire romain. Au fil des ans, les assiettes seront de plus en plus creuses, pour s’adapter aux coutumes alimentaires gauloises. Elles perdront également en intérêt à partir de la fin du Ier siècle, en même temps que la chute de production de la vaisselle de table.

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Panel d’assiettes en terra nigra, terra rubra et terre sigillée

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Une reconstitution d’assiette en proto terra nigra

Dans un prochain article, je vous parlerai d’une autre forme, le plat à cuire, assorti d’une petite recette.

Biblio :

-Deru et alii. 2014,  Durocortorum, La céramique de César à Clovis, Archéologie urbaine, Reims, Bulletin de la Société archéologique champenoise, T. 107, n°2, 2014.

-Flouest, Romac 2006, La cuisine gauloise continue, Bibracte 2006.

-Corsiez 2015, La céramique de cinq pagi du Nord de la Gaule (p. Laudunensis, Suessionensis, Tardunensis, Noviomensis et Vermandensis) : caractérisation, chronologie, fonctions et économie, thèse de doctorat en histoire, civilisations, archéologie des mondes antiques, Villeneuve d’Ascq, 2015.

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